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Septembre 2008
Après près de 10 ans de bons et loyaux services

le Flash-News-nf étant un site à structure ancienne, il ne bénéficiait plus
des avantages des nouvelles technologie de l'internet et devenait
trop compliqué à gérer dans ces conditions.

Bien que le transfert de toutes les données et la mise en place d'un
nouvel espace prennent un temps certain si ce n'est un certain temps
cela devenait urgent.

Donc voilà, c'est fait !

Le Flash_News_nf reste en place mais la nouvelle structure xooit est opérationnelle
et va peu à peu prendre le relais. Toutes les infos, dates des concerts, photos,
vidéos, dossier de presse, discographie générale et par produits, livres,
biographie complète, pour un visionnement clair, facile et convivial ouvert à tous
sans inscription. Pour les membres qui s'inscrivent, une grande facilité pour
poster tous leurs matériels ou leurs messages, un espace privé avec mail
interne et bien d'autres possibilités et topics super-sympas.

Donc voilà, je me réjouis de vous retrouver sur le Nilda Fernandez Forum
et vous souhaite une agréable visite.

A très vite.
Chris

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Jorge Luis Borgès

 
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Camélia
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MessagePosté le: Mar 26 Aoû 2008, 13:07    Sujet du message: Jorge Luis Borgès Répondre en citant

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JORGE LUIS BORGES
        

Éléments de biographie, bibliographie, textes


1899 : Il naît à Buenos Aires le 24 août 1899, au 840 rue Tucumán, près du centre ville, dans la maison de son grand père paternel.
1901 : Déménagement de la famille à Palermo, le faubourg des compadritos, mythes du tango. Naissance de sa sœur Nora. Gouvernante anglaise.




Sa famille
TERREURS OBSESSIONNELLES : les masques et les miroirs : Etant enfant, Borges avait peur des miroirs ; il refusait de s'endormir dans une chambre qui avait un miroir. Le symbole du miroir est l'un des plus fréquents chez Borges. Les miroirs renvoient l'aspect apparent du monde, puisqu'ils reflètent une réalité qui n'est pas en eux mais hors d'eux ; en outre, ils la reflètent inversée. Ils sont aussi réflexion de la conscience et autocontemplation, mais peuvent aussi être des portes.
Citation:







Tout cristal nous guette. Si entre les quatre
Murs d'une chambre se trouve un miroir,
Je ne suis plus seul. Un autre est là, le reflet
Que dispose dans l'aube un thétre secret.










Fascination pour les tigres : même ceux qu'il dessinait ou fabriquait l'effrayaient. Chez lui le tigre est non seulement la force et la violence, l'obscurité, le feu et le Mal, mais aussi le temps. Il y a aussi la nostalgie d'une violence dont Borges, protégé dans sa bibliothèque, n'a pas l'expérience. Dans un poème de vieillesse, L'autre tigre, il essayera de l'imaginer dans sa véritable réalité.

Il apprend à apprécier la lecture dans la bibliothèque de son père.
Parmi ses premières lectures : Huckleberry Finn, L'île au trésor, Les premiers hommes sur la lune.

HABITUDES : consulte régulièrement l'encyclopédie.
Écoute chez lui Evaristo Carriego, poète des pauvres, du tango et des mauvais garçons, ami de son père qui vient régulièrement les visiter.
Passe ses vacances d'été a Adrogué, près de Buenos Aires, dans un grande quinta.



PREMIER ÉCRIT : à 7 ans, (basé sur un épisode de Don Quichotte) La Víscera Fatal (La visière fatale).
1908 : Il va à l'école pour garçons, où il est rejeté par ses camarades.
Traduction du Prince Heureux d'Oscar Wilde... à 9 ans, dans un quotidien de Buenos Aires.

1914-1918 : Son père, déjà presque aveugle, les emmène en Europe, à Genève, avec sa grand-mère maternelle. La famille y restera jusqu'en 1918.
Le première guerre mondiale est déclarée.
Il rentre au collège Calvin à Genève, enseignement principalement en français. Il découvre la littérature française.
Révolution russe en 1917.

1918-1919 : La famille Borges passe l'année à Lugano
Écrit des sonnets en anglais et en français, étudie l'allemand, lit Heine, Schopenhauer, Nietzsche, l'expressionnisme allemand.
Ritmos rojos (poèmes expressionnistes faisant l'éloge de la révolution russe) non publiés
Los naipes del tahúr : ensemble de contes à la manière de Pio Baroja

1919-1920 : Les Borges voyagent en Espagne (Barcelone, puis Palma de Majorque). mort de sa grand-mère maternelle. Lecture de Walt Whitman, qu'il admirera toute sa vie.
À Madrid, participe au mouvement ultraïste et collabore aux revues Ultra, Cosmopolis et Grecia.
Fait la connaissance de Rafael Cansinos Assens qu'il admirait et considérait comme son maître. Cansinos ne vivait que pour la littérature, dans sa bibliothèque les livres étaient empilés jusqu'au plafond ; il a écrit un livre de psaumes érotiques El calendario de los 7 brazos, excellent traducteur d'œuvres complètes, les mille et une nuits, les méditations de Marc Aurèle.

1921 : Mars : Retour à Buenos Aires, rencontre avec Macedonio Fernández, ami de son père.
1923 : Ferveur de Buenos Aires (Fervor de Buenos Aires) : première œuvre financée par son père (qui lui avait promis de lui payer le premier libre digne d'être imprimé). 300 exemplaires, dont 100 livrés à la direction de la revue Nosotros pour être offert à chaque lecteur qui se présenterait.
1924 : Deuxième voyage en Europe. Il visite Londres, Paris, Séville, Madrid. Fait escale à Lisbonne au retour vers l'Argentine.
1925 : La lune d'en face (Luna de enfrente) : recueil de poèmes qu'il reniera.
Enquêtes (Inquisiciones) : livre d'essais
Fait connaissance, grâce à Güiraldes, des sœurs Ocampo (Victoria et Silvina) femmes de lettres avec qui il développera une amitié et de nombreuses collaborations.
El tamaño de mi esperanza : essais.
El idioma de los Argentinos : essais.
Fait connaissance d'Alfonso Reyes. L'ambassadeur du Mexique en Argentine le définit comme le meilleur homme de lettres d'Amérique latine, (écrivain et lecteur cultivé)

1928 : Sa sœur Nora se marie avec un de ses amis : Guillermo de Torre.

1930 : Cuaderno San Martin, recueil de poèmes.
Evaristo Carriego : biographie du poète et ami de son père.

1931 : Entre au comité de rédaction de la revue SUR, la revue littéraire la plus importante d'Amérique latine, fondée par Victoria Ocampo.
1932 : Discussions, essais. Fait la connaissance de son disciple, meilleur ami et collaborateur, Adolfo Bioy Casares.
1935 : Dirige le supplément littéraire de Crítica, où il commence à publier des récits.
Histoire Universelle de l'Infamie, qui réunit 6 biographies imaginaires publiées dans la revue Crítica en 1933-34.
Hombre de la esquina rosada : septième biographie qu'il rajoute ; il dira : Ce “sont le jeu d'un timide qui n'a pas eu le courage d'écrire des contes et qui s'est diverti à falsifier ou à altérer les histoires des autres”.

1936 : Histoire de l'Éternité : essais, et parution d'une traduction de Virginia Woolf : un cuarto propio.
1937 : Publie avec l'écrivain et critique dominicain Pedro Enriquez Ureña : Anthologie classique de la littérature Argentine. Traduit Orlando de Virginia Woolf.
Il obtient le poste de premier assistant à la bibliothèque municipale de Miguel Cané. Il profite de ses deux heures de trajet quotidien pour lire en italien La Divine Comédie et le Roland furieux, et en français des œuvres de Léon Bloy.

1938 : Mort de son père “homme tellement modeste, qu'il aurait aimé être invisible”. Celui-ci accueillit la mort comme une libération de la douleur de vivre.
La veille de Noël, alors qu'il montait l'escalier en courant, il s'écorche la tête contre un battant de fenêtre fraîchement repeint. La blessure s'infecte, une septicémie se déclare, il passe des nuits sans dormir avec des hallucinations, il finit par entrer à l'hôpital. Il se remet à écrire dès sa convalescence. Depuis cette date, sa vue est très mauvaise, et il dépend de plus en plus de sa mère ou de ses amis pour ses travaux littéraires.
1939 : dans la revue SUR : Pierre Menard, auteur du Quichotte, conte fantastique.
Première traduction en français, par Nestor Ibarra : L'approche du caché.

1940 : Mariage de ses amis Silvina Ocampo et Adolfo Bioy Casares.
Les trois écrivent : Anthologie de la littérature fantastique

1941 : Le jardin aux sentiers qui bifurquent (Jardín de los senderos que se bifurcan), contes entre réalité et fiction et Antología poética Argentina, avec Silvina Ocampo et Adolfo Bioy Casares.
Traduit depuis le français : Un Barbare en Asie, de Henri Michaux et depuis l'anglais Palmeraies sauvages de Faulkner.

1942 : Six énigmes pour don Isidro Parodi, parodies de nouvelles policières, avec Bioy Casares sous le pseudonyme de H.Bustos Domecq (Bustos et Domecq étant les noms de leurs arrière-grands-pères).
La revue
SUR publie un texte “Desagravio para Borges” d'importants auteurs d'Amérique latine, déçus que son livre 'Jardín de los senderos que se bifurcan' n'ait pas été choisi pour le concours national..
1943 : Poemas : compilation qui rassemble presque toute son œuvre poétique de 1922 à 1943.
Los mejores cuentos policiales, avec Bioy Casares.
Traduit et préface une anthologie de nouvelles de Kafka : La Métamorphosis (La métamorphose)

1944 : Fictions (Ficciones) : regroupe le Jardin aux sentiers qui bifurquent et Artificios, qui inclut des nouvelles comme Funes ou la mémoire (Funes el memorioso).
1946 : Le 24 février, Perón devient président ; la municipalité lui retire son poste de bibliothécaire et le nomme inspecteur des volailles et lapin d'un marché. Il démissionne et humilié, devient un symbole de la résistance au totalitarisme (“Les dictatures fomentent l'oppression, les dictatures fomentent la servilité, les dictatures fomentent la cruauté ; encore plus abominable est le fait qu'elles fomentent la stupidité.”). Il est nommé directeur de la revue Anales de Buenos Aires.
Lance de nouveaux écrivains : Julio Cortazar et Felisberto Hernandez.

1947 : Nueva refutación del tiempo , essai qui fera partie de Nouvelles Enquêtes.
1949 : L'Aleph : une des meilleures œuvres de littérature fantastique. “Le Zahir” décrit la réalité sociale de l'Argentine.
1950 : Il préside l'Association Argentine des Écrivains (SADE), hostile a Perón, pour 3 ans.
Enseigne la littérature anglaise à l'association argentine de culture anglaise et au collège libre des études supérieures.

1951 : La muerte et la brújula, anthologie de nouvelles déjà publiées auparavant. Sa popularité grandit à l'étranger. Anciennes littératures germaniques, avec Delia Ingenieros.
Publication en français de Fictions, préface de Nestor Ibarra.

1952 : Nouvelles Enquêtes (Otras inquisiciones), essais.
1953 : Martin Fierro, avec Mague Guerrero. Édition du premier volume de ses œuvres complètes.
Publication à Paris de Labyrinthes, préfacé par le célèbre critique Roger Caillois.

1955 : La sœur d'Héloïse, avec Luisa Mercedes Levinson.
Chute de Perón... Le nouveau gouvernement le nomme directeur de la Bibliothèque Nationale. Il commence à devenir aveugle. Il se prive de lecture et d'écriture, mais sa cécité s'aggrave, alors il l'assume en niant toute importance à cette infirmité. "Ma cécité avait progressé régulièrement dès mes 8 ans en 1927. J'ai subit 8 opérations mais en 1950 quand j'ai écrit mon poème Los Dones, j'étais déjà presque aveugle à force de lire et d'écrire.



La cécité a régné sur ma famille, comme elle a régné sur les deux derniers directeurs de la Bibliothèque Nationale."

Citation:







Dans un quatrain stoïque et admirable, il dit :
“Personne ne laisse échapper une larme ou un reproche
 à la déclaration de la maîtrise de Dieu,
 qui, avec une ironie magnifique
 m'a donné à la fois les livres et la nuit.”










Membre de l'Académie Argentine des Lettres.
Trois ouvrages en collaboration avec Bioy : Los orilleros (les gens du faubourg) et El paraíso de los creyentes (le paradis des croyants), scénarios de films ; Cuentos breves y extraordinarios (contes brefs et extraordinaires), anthologie ; Poésia gauchesca (Poésie gaucho).
Avec Luisa Mercedes Levinson : La hermana de Eloisa (la sœur d’Héloïse), contes.
Avec Bettina Edelberg, Leopoldo Lugones, essai.

1956 : professeur de littérature anglaise à la Faculté de Philosophie et de Lettres. Est reçu Honoris Causa de l'université de Cuyo. Esprit infatigable, il apprend par cœur ses textes pour les dicter après.
1957 : Manuel de Zoologie fantastique, en collaboration avec Margarita Guerrero. Œuvres complètes publiées au Mexique.
1960 : L'Auteur (El hacedor) : divers écrits en vers et en prose.
Libro del cielo et el infierno (le Livre du ciel et de l'enfer), avec Bioy Casares, anthologie sur ces thèmes.

1961 : Reçoit le prix FORMENTOR, qu'il partage avec Samuel Beckett.
Le gouvernement italien lui décerne le titre de Commendatore.
Voyage avec sa mère aux États-Unis, où il vivra jusqu'en 1962, invité par la Fondation Tinker. Donne des cours à l'Université du Texas.



Anthologie personnelle,
sélection personnelle de poèmes et proses.

1962 : Rentre à Buenos Aires en février ; édition de son œuvre en France et aux États-Unis.
Il est fait commandeur des Arts et Lettres, sur proposition d'André Malraux, ministre français de la culture.
Prix du Fonds National de l'Art, Argentine.
Labyrinths et Fictions, paraissent en Angleterre et aux Êtats-Unis.
Voyage en Europe avec sa mère, conférences en Angleterre, Suisse, Suède, Espagne, France, Écosse.
De plus en plus affaibli, il se montre humble et facétieux, avec toujours son ironie très subtile. Il donne de larges interviews à la presse, de brillantes conversation et dissertations, il récite des poèmes, et croit au miracle de l'intimité établie avec son auditoire.

1964 : Invité par le Congrès pour la Liberté et la Culture. Assiste au congrès international d'écrivains de Berlin, où il rencontre Miguel Angel Asturias, Günter Grass, Guimaraes Rosa.
L'UNESCO l'invite avec Guiseppe Ungaretti à la célébration en hommage à Shakespeare à Paris.
Voyage en Angleterre où il visite des ruines datant de l'invasion des Vikings.

1965 : Literaturas germánicas medievales (Littératures germaniques médiévales), avec María Ester Vázquez.
Visite le Pérou pour la première fois avec María Ester Vázquez, visite le Machu Pichu, donne des conférences (Pérou, Colombie, Chili). Décoré de l'ordre du Soleil au Pérou, chevalier de l'Empire Britannique.
Écrit des paroles de milongas qui sont mises en musique par Astor Piazolla.

1967 : Introduction à la littérature nord-américaine, avec Esther Zemborain de Torres.
Visite le Pérou, la Colombie y le Chili, pour la première fois.
L e 21 septembre 1967, il se marie avec Elsa Astete Millán qu'il avait connu dans sa jeunesse et qu'il n'avait pas revu depuis 30 ans. Ils partent aux États-Unis, pour occuper la chaire de poésie à l'université de Harvard.

1968 : El libro de seres imaginarios (le Livre des êtres imaginaires), avec Margarita Guerrero.
Nueva antología personal
(Nouvelle anthologie personnelle, qui complète la première).
Retour en Argentine. Nommé membre honoraire étranger de l'Académie des Arts et des Sciences de Boston. Élevé au grade de grand officier de l'Ordre du Mérite par l'ambassadeur d'Italie en Argentine.

1969 : Eloge de l'ombre (Elogio de la sombra) : textes en prose et vers.
Voyage en Israël, il donne des conférences à Tel Aviv et a Jérusalem.
En son hommage “Symposium Borges” à l'université de Oklahoma, récite ses poèmes à l'université de Georgetown.
A São Paulo, Brésil, reçoit le prix littéraire Inter-Américain.

1970 : le rapport de Brodie (Informe de Brodie), nouvelles.
octobre : divorce “pour appartenir à deux mondes différents”.
candidat au Nobel (c'est Solzhenitsyn qui l'obtiendra).

1971 : Docteur Honoris Causa de l'université de Columbia - USA, et de l'université d'Oxford.
“Rencontre avec Jorge Luis Borges”, Université de Yale - USA.
Voyage en Angleterre, Écosse et Islande.





Prix J
érusalem - Israël.
1972 : L'or des tigres (El oro de los tigres), prose et poèmes.
Cours de littérature hispano-américaine à l'université de New Hampshire, Docteur Honoris Causa de l'université de Michigan.
Visite le Texas et New York ; ses poèmes sont lus en anglais au Poetry Center.

1973 : La municipalité de Buenos Aires lui décerne le titre de CITOYEN ILLUSTRE.
Conférences sur le métier d'écrivain à Madrid à l'Institut de Culture Hispanique.
Le retour au pouvoir du parti péroniste le conduit à démissionner de son poste à la Bibliothèque Nationale.
Décembre : Prix A
LFONSO REYES - Mexico.
1974 : Publication des ses Œuvres Complètes.
1975 : Le livre de sable (El libro de Arena), nouvelles fantastiques.
La rose profonde (La rosa profunda), poèmes.
Livre de préface (Prólogos)
, compilation de 38 préfaces écrites entre 1923 et 1974.
Mort de sa mère le 8 juillet à l'âge de 99 ans, après une agonie de 23 ans.
Septembre : voyage aux États-Unis (Michigan) avec María Kodama.
Reçoit plusieurs prix, se moque de lui-même : “Je voudrais vous remercier pour une si généreuse erreur”

1976 : Livre des rêves (Libro de sueños), récits.
La monnaie de fer (La moneda de hierro)
, poèmes.
Qu'est ce que c'est que le bouddhisme ? (Qué es el budismo?), essai, avec Alicia Jurado.
nouveaux contes de Bustos Domecq (Nuevos cuentos de Bustos Domecq), avec Bioy Casares.
Invité comme orateur principal au premier congrès mondial sur Shakespeare, à Washington - États-Unis.
Docteur Honoris Causa de l'université du Chili, décoré de la grand-croix B
ERNARDO O´HIGGINS (Chili).
Visite à nouveau le Mexique.

1977 : Visite Paris, Genève, Venise, Rome, Milan
Octobre : participe à Paris à un hommage à Ricardo Güiraldes (auteur de Don Segundo Sombra), conférence à la Sorbonne, inaugure une exposition de son ami Xul Solar, peintre et écrivain de génie.
Histoire de la nuit (Historia de la noche), recueil de poèmes dédiés à María Kodama.
Adrogué, poèmes, avec des illustrations de sa sœur Norah.

1978 : Petite anthologie anglosaxonne (breve antología anglosajona), avec María Kodama
Docteur Honoris Causa à la Sorbonne.
Voyage officiel au Mexique, décoré par le gouvernement colombien à Bogota, assiste au congrès de littérature de Quito, Équateur. Voyage avec María Kodama à Genève et en Égypte.

1979 : Obras completas en colaboración
Participe en mai, à un hommage rendu par l'UNESCO à Victoria Ocampo.
En août : hommage officiel au théâtre Cervantes de Buenos Aires, à l'occasion de ses quatre-vingt ans.

1980 : Voyage aux États-Unis, invité par le Pen Club de New York.
Reçoit le prix Cervantes des mains du roi d'Espagne, et le prix Cino del Duca à Paris.





Siete noches (s
ept nuits), conférences, publié au Mexique.
1981 : Le chiffre (La cifra), poèmes, dédiés à María Kodama.
Prix Balzan, remis par le président Sandro Pertini (Italie).
Prix O
LLIN YOLIZTLI - México ; Docteur Honoris Causa - Puerto Rico ;
Docteur Honoris Causa - Harvard.

1982 : Neuf essais sur Dante (9 Ensayos Dantescos)
Voyage aux États-Unis, en Europe (Genève, Allemagne).

1983 : 19 janvier : commandeur de la Légion d'Honneur à Paris par François Mitterrand, président de la France.
Publication, le 27 mars, dans le journal La Nacion, d'un récit de Borges qui prévoit son suicide. Comme la date arrive et qu'il ne s'est pas suicidé, il déclare : "En réalité ça fait 84 ans que je me suicide. Et qui peut garantir que je ne me suis pas déjà suicidé ? Un autre Borges s'est suicidé."

1984 : Voyages avec María Kodama : en Italie (Honoris Causa de l'université de Palerme), en Grèce (Honoris Causa de l'université de Crète) ; en Espagne et au Portugal. Son état de santé s'aggrave.
Assiste au 7ème congrès mondial des poètes à Marrakech, avec notamment Léopold Sédar Senghor, Gascoyne,...

1985 : Repos en Italie, où il reçoit le Prix Etrurias de Literatura, puis voyage aux États-Unis.
Los Conjurados, poèmes - SON DERNIER LIVRE.
Fin décembre, il arrive à Genève “Je crois que je ne retournerais plus jamais en Argentine”.

1986 : Hospitalisation momentanée fin janvier. Il demande à être enterré avec sa mère s'il meurt en Argentine, sinon à Genève, s'il meurt en Europe.
Il se marie le 26 avril avec María Kodama par procuration au Paraguay.
Le 14 juillet 1986 à 8 h 30 : il meurt à Genève, après une dernière nuit où le veillent María Kodama et Hector Bianciotti. Il est enterré au cimetière de PLENPALAIS.



Sources : biografía de Gloria Helena Alcala Mejía, L'univers de J.L.Borges (Centre Georges Pompidou), Essai d'autobiographie (J.L.Borges), Borges par e.rodriguez monegal.


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Le livre des sables 
Extraits

J.L.Borges ‹El libro de arena› ‹Le livre de sable›
EMECÉ, Buenos Aires ; Gallimard, Paris, trad. Françoise Rosset pour les textes en français

  

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No puede ser, pero es. El número de páginas de este libro es exactamente infinito. Ninguna es la primera ; ninguna, la última. No sé por qué están numeradas de ese modo arbitrario. Acaso para dar a entender que los términos de una serie infinita admiten cualquier número.

Cela n'est pas possible et pourtant cela est. Le nombre des pages de ce livre est exactement infini. Aucune n'est la première, aucune n'est la dernière. Je ne sais pourquoi elles sont numérotées de cette façon arbitraire. Peut-être pour laisser entendre que les composants d'une série infinie peuvent être numérotés de façon absolument quelconque.

Si el espacio es infinito estamos en cualquier punto del espacio. Si el tiempo es infinito estamos en cualquier punto del tiempo.


Si l'espace est infini, nous sommes dans n'importe quel point de l'espace. Si le temps est infini, nous sommes dans n'importe quel point du temps.


Utopie d’un homme qui est fatigué
– A cent ans, l’être humain peut se passer de l’amour et de l’amitié. Les maux et la mort involontaire ne sont plus une menace pour lui. Il pratique un art quelconque, il s’adonne à la philosophie, aux mathématiques, ou bien il joue aux échecs, solitairement. Quand il le veut, il se tue. Maître de sa vie, l’homme l’est aussi de sa mort
.
– Il s’agit d’une citation ? lui demandai-je.
– Certainement. Il ne nous reste plus que des citations. Le langage est un ensemble de citations.

Utopía de un hombre que está cansado
–Cumplidos los cien años, el individuo puede prescindir del amor y de la amistad. Los males y la muerte involuntaria no lo amenazan. Ejerce alguna de las artes, la filosofía, las matemáticas o juega a un ajedrez solitario. Cuando quiere se mata. Dueño el hombre de su vida, lo es también de su muerte
.
–¿Se trata de una cita? –le pregunté.
–Seguramente. Ya no nos quedan más que citas. La lengua es un sistema de citas.


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Camélia, Nilda Fernandez Forum


Ne pleure pas parce que quelque chose est terminé mais souris parce qu'elle a eu lieu.


Dernière édition par Camélia le Mar 26 Aoû 2008, 13:30; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mar 26 Aoû 2008, 13:07    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 26 Aoû 2008, 13:24    Sujet du message: Jorge Luis Borgès Répondre en citant

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Jorge Luis Borges


 
 
Un Bonheur sans Fin : Comment Jorge Luis Borges ouvre grand les portes de la Bibliothèque Universelle.

La face visible de l'oeuvre de Jorge Luis Borges peut de prime abord paraître quelque peu décourageante (les citations, les noms illustres et obscurs, dont bon nombre d'apocryphes, de sujets en apparence abscons), mais l'on peut penser que l'héritage qu'il a légué résiderait moins dans une quelconque écriture érudite que dans son accueil chaleureux de la littérature. Jorge Luis Borges, comme il aimait à le répéter, se tenait plutôt dans la position du lecteur que dans celle de l'écrivain. A une époque où les média électroniques surévaluent les vertus de la vitesse au détriment de la profondeur, et l'instantanéité de la communication au détriment de la réflexion sur le passé, Jorge Luis Borges nous rappelle que l'art de la lecture est une joie lente, silencieuse, mais un bonheur sans fin, une activité inoubliable dont les finalités vont bien au delà de nos raisons pratiques ou de l'allégeance à une théorie quelconque. "Je ne sais pas exactement pourquoi je crois que tel livre peut nous apporter la possibilité du bonheur", reconnaissait-il, "mais je lui suis grandement reconnaissant de ce petit miracle". Être heureux était pour lui une obligation morale (peu de temps avant sa mort, il allait ajouter à cet impératif qu'il fallait également appliquer la justice) et, suivant son exemple, ses lecteurs peuvent se sentir libres de se laisser guider par leur seul plaisir et non par le devoir.
Adolfo Bioy Casares qui fut peut être celui qui connaissait le mieux Borges, constata "Il ne s'est jamais abandonné à la paresse, aux convenances et aux habitudes. C'était un lecteur 'au petit bonheur la chance' qui se satisfaisait parfois de résumés de trames romanesques et d'articles tirés d'encyclopédies, et avoua qu'en dépit du fait qu'il n'était jamais allé jusqu'au bout de Finnegans Wake, il avait autrefois donné avec bonheur une conférence sur le monument linguistique joycien. Sa mémoire colossale lui permettait d'associer des vers depuis longtemps oubliés avec des textes mieux connus de nos jours. Ainsi, il lui arrivait d'apprécier un écrit pour un seul mot qu'il contenait ou pour la musicalité de sa langue. II déclara qu'il aimait un vers sans prétention de l'écrivain argentin désormais oublié Manuel Peyron, parce qu'il faisait allusion à la Calle Nicaragua, rue qui se trouvait tout près du lieu de sa naissance, de même qu'il aimait réciter quatre vers de Ruben Dario parce que leur rythme pouvait l'émouvoir jusqu'aux larmes: "Boga y Boga en el lago sonoro, que en el sueno a los tristes espera, donde aguarda una. gondola de oro, a la novia de Luis de Baviera". Il était également susceptible de succomber au mélodramatique: près de Lichfield , dans une vieille chapelle saxonne en ruines, il récita le Pater Noster en vieil anglais "pour faire une petite surprise à Dieu".
Il a rajeuni la langue espagnole. Depuis le XVIIIe siècle, les auteurs hispanophones étaient partagés entre deux pôles linguistiques: le baroque de Gongora et la sévérité de Quevedo. Borges a développé dans son écriture aussi bien un riche vocabulaire à plusieurs niveaux d'interprétation (notamment dans les significations poétiques) et un style épuré à la simplicité trompeuse (ce qu'il précisa bien à la fin de sa carrière) qui tentait d'imiter celui du jeune Kipling de Plain Tales from The Hills. Presque tous les grands écrivains hispanophones de ce siècle sont redevables d'une dette envers Borges. Sa "patte littéraire" est si prégnante dans les écrits des jeunes générations que le romancier argentin Manuel Mujoca Lainez a été conduit à écrire le quatrain suivant:

À UN JEUNE POÈTE
Il est inutile que tu caresses
L'idée de progrès
Car même si tu écrivais des pages sans fin
Borges les aura écrites avant toi.


La langue et le style de Jorge Luis Borges tirent leur source de la conversation, de cette habitude civilisée de s'asseoir à la table d'un café ou lors d'un dîner entre amis et de discuter, astucieusement et avec humour, des éternelles grandes questions. Le poème épique argentin du XIXe siècle Martin Fierro s'achève par un duel chanté opposant le héros à un adversaire gaucho. Au cours de ce duel, des questions métaphysiques sont abordées. La scène est incongrue dans le poème, mais elle reflète un penchant national pour la conversation, pour l'art de décrire la vie avec des mots. Dans bien d'autres sociétés, il pourrait paraître prétentieux, voire absurde, d'avoir une discussion métaphysique autour d'une tasse de café; il n'en va pas de même en Argentine. Borges aimait converser, et pour ses repas il choisissait ce qu'il appelait "un repas discret": du riz blanc ou des pâtes. Ainsi, le fait de manger ne le détachait en rien de la conversation. Il croyait que ce qu'un homme parmi tant d'autres avait vécu autrefois, tous les hommes pouvaient également le vivre, et il n'était guère étonné de rencontrer parmi les amis de son père un écrivain qui affirmait, de son seul fait, avoir redécouvert les idées de Platon et de bien d'autres philosophes. Macedonio Fernandez lisait peu, écrivait peu, mais c'était un penseur, et il conversait brillamment. II devint pour Borges l'incarnation de la pensée pure: un homme qui au cours de longues conversations au café posait et tentait de résoudre les antiques interrogations métaphysiques ayant trait au temps et à l'existence, aux rêves et à la réalité; interrogations que Borges fera plus tard siennes d'une oeuvre à l'autre. Pour Jorge Luis Borges, le centre de la réalité se trouvait dans les livres; dans le fait de lire des livres, d'écrire des livres, de commenter des livres. II était conscient de poursuivre un dialogue qui a débuté il y a des milliers d'années et dont il croyait bel et bien qu'il ne toucherait jamais à sa fin. Selon lui, les livres nous rendent le passé. L'expression littéraire était toujours individuelle, jamais nationale, jamais au service d'un groupe quelconque, et cependant, de par cette expression même, il avait su, lui, créer une identité collective pour la ville qui l'a vu naître. De la prolixité baroque d'un de ses premiers ouvrages, Evaristo Carriego, aux tons laconiques de nouvelles telles que Le Mort et La Mort et la Boussole, il façonna pour Buenos Aires une mythologie, une allure et un rythme qui sont aujourd'hui attachées à jamais à cette ville. Quand Borges a commencé sa carrière, la ville de Buenos Aires (si loin de l'Europe considérée comme le centre de la culture mondiale) donnait l'impression d'être un lieu vague et indistinct et avoir besoin d'être investie par une imagination littéraire pour s'imposer à la réalité. Borges se souvint que lorsque Anatole France, aujourd'hui largement oublié, parcourut l'Argentine dans les années vingt du siècle dernier, Buenos Aires se sentit devenir "un peu plus réelle", parce que Anatole France savait qu'elle existait. Désormais, Buenos Aires est ancrée dans la réalité car elle est à jamais présente dans les pages de Jorge Luis Borges. Le Buenos Aires que Borges propose à ses lecteurs est intimement lié au quartier de Palermo où se trouve sa maison familiale: c'est là, au-delà des grilles du jardin, que Borges mit en scène ses nouvelles et les poèmes dans lesquels il décrivait les compadritos, les voyous "du coin", à l'instar de guerriers et de poètes à la petite semaine chez lesquels, dans leurs vies violentes, il percevait de modestes échos de l'Iliade ou des vieilles sagas vikings. Le Buenos Aires de Borges est aussi le centre métaphysique du monde: sur la dix neuvième marche de l'escalier menant à la cave de la demeure de Beatriz Viterbo, on peut lire l'Aleph, ce point dans lequel l'ensemble de l'univers se trouverait concentré. La vieille bibliothèque municipale de la Calle Mexico n'est autre que la bibliothèque de Babel. Le tigre du zoo de Buenos Aires est l'emblème flamboyant de la perfection à laquelle l'auteur n'aurait jamais accès même dans ses rêves. Les sombres miroirs et les meubles polis des vieilles demeures du Palermo de Borges menacent le lecteur qui les regarde fixement de l'atroce idée qu'un jour peut être, ils renverront un visage qui n'est pas le sien.
A lui seul, le quartier de Palermo représente tout Buenos Aires et Buenos Aires englobe le tout de l'univers. Tout se passe comme si Jorge Luis Borges, depuis cette ville aux contours vagues et à la périphérie du monde, avait jeté grand ouvertes les portes de la bibliothèque universelle, et que tous les mystères et les merveilles du monde de l'écrit gisaient là soudainement érigés en chose publique. Dans un texte célèbre dont la première version fut publiée en 1952, l'auteur précisait que "chaque écrivain crée ses propres précurseurs". Conformément à cette affirmation, Borges a adopté une longue lignée d'écrivains qui nous apparaissent aujourd'hui comme borgésiens "avant la lettre": Platon, Novalis, Kafka, Rémy de Gourmont, Chesterton. Et même les écrivains qui se situent au delà de toute revendication individuelle, classiques parmi les classiques, relèvent désormais de la lecture de Borges, comme c'est le cas de Cervantès depuis Pierre Ménard. Pour un lecteur de Borges, même Shakespeare et Dante résonnent par moments d'un manifeste écho borgésien: le vers du Prévot dans Mesure pour Mesure dans lequel il prétend être "insensible à la mortalité et pourtant si désespérément mortel" et ce vers du cinquième chant du Purgatoire de Dante décrivant Buoncuonte "fugendo a pede e sanguinando il piano" tiennent à n'en pas douter de la verve borgésienne.
Cette approche généreuse de la littérature (qu'il partageait avec Montaigne, Sir Thomas Browne et Lawrence Sterne) explique son apparition dans de nombreux travaux aussi différents et sans rapport les uns avec les autres, rassemblés désormais sous le dénominateur commun de sa présence. La première page de Les Mots et les Choses de Michel Foucault, cite une célèbre encyclopédie chinoise (imaginée par Borges) dans laquelle les animaux seraient répartis en diverses catégories incongrues telles que "ceux appartenant à l'empereur" et "ceux qui de loin ressemblent à des mouches"; le personnage de bibliothécaire assassin et aveugle qui sous le nom de Juan de Burgos hante la bibliothèque monastique dans Au nom de la Rose de Umberto Eco; la référence admirable et éclairante à un texte écrit par Borges en 1932, Les traducteurs des nuits arabes, dans l'ouvrage phare de George Steiner sur la traduction, Après Babel; les dernières lignes d'Une nouvelle réfutation du temps prononcées par la machine agonisante dans l'Alphaville de Jean-Luc Godard; les traits de Borges mêlés à ceux de Mick Jagger dans la dernière scène du film raté de Nicolas Roeg et Donald Carmwell, Performance, datant de 1968; la rencontre avec le vieux sage de Buenos Aires dans En Patagonie de Bruce Chatwin et dans Dead man's chest de Nicolas Rankin, celui qui choisit le volume De-Dr et s'instruit sur les Druides, les Druzes et Dryden. Il n'abandonna jamais cette habitude de s'en remettre au hasard bien ordonné d'une encyclopédie, et il passa de nombreuses heures à feuilleter (ou à se faire lire) d'étranges volumes de la Garzanti, de la Brockhaus, de la Britannica ou de la Espasa-Calpe. Sur les deux étagères du bas dans le living-room se trouvaient des livres de Stevenson, de Chesterton, de Henry James, de Kipling, de Shaw, de De Quincey; An Experiment with Time de J. W. Dunne; plusieurs romans de Wells; The Moonstone de Wilkie Collins; divers volumes de Eça de Queiroz en reliures cartonnées jaunissantes; des livres de Lugones, Güiraldes et Groussac ; Ulysse et Finnnegans Wake de Joyce; Vies Imaginaires de Marcel Schwob; des romans policiers de John Dickson Carr, Milward Kennedy et Richard Hull; Life on the Mississippi de Mark Twain; Buried Alive de Arnold Bennett; une petite édition brochée de Lady into Fox et The Man in the Zoo de David Garnett avec de délicates illustrations; les oeuvres complètes d'Oscar Wilde et les oeuvres complètes de Lewis Caroll; Des Untergand des Abendlandes de Spengler, les douze volumes des Oeuvres d'Emerson, les quatre volumes de Decline and Fall de Gibbon, différents ouvrages sur les mathématiques et la philosophie, dont plusieurs de Swedenborg et de Schopenhauer, et le Wôrterbuch der Philosophie de Fritz Mauthner, oeuvre vénérée de Borges. Quelques-uns de ces livres l'avaient accompagné depuis son adolescence. Les autres, en Anglais et en Allemand, portaient les étiquettes des librairies maintenant disparues de Buenos Aires où ils avaient été achetés: Mitchell's, Rodriguez, Pygmalion. Les visiteurs s'entendaient souvent demander de chercher l'un de ces volumes et d'en faire la lecture à haute voix pour lui...
La chambre à coucher abritait des livres de poésie et l'une des plus grandes collections de littérature anglo-saxonne et islandaise de toute l'Amérique Latine. Ici, Jorge Luis Borges gardait les livres dans lesquels il avait étudié ce qu'il appelait "les mots âpres, laborieux, / Qu'avec une bouche changée en poussière, / J'utilisais aux temps de Northumberland et de Mercia, / Avant que je ne devienne Haslam ou Borges"; le Dictionnary de Skeat, une version annotée de The Battle of Maldon, l'Altergermanische Religiôse Geschichte de Richard Meyer. Sur l'autre étagère se trouvaient les poèmes d'Enrique Banchs, de Heine, de San Juan de la Cruz, d'Emily Dickinson, de Paul Toulon, et de nombreuses éditions annotées de Dante, de Benedetto Croce, de Francesco Torraca, Luigi Pietrobono et Guido Vitali.
Absents de ses étagères étaient ses propres livres. Il répondait fièrement aux visiteurs qui demandaient à voir une édition ancienne de l'un de ceux-ci qu'il ne possédait pas un seul volume "d'un auteur si éminemment oubliable". (Il n'en avait pas besoin; bien qu'il faisait semblant de ne pas se rappeler, il pouvait réciter par coeur des poèmes écrits plusieurs décennies auparavant, et corrigeait de mémoire ses propres écrits). Une fois, le facteur amena un grand colis contenant une édition de luxe de son histoire Le Congrès, publié en Italie par Franco Maria Ricci. C'était un livre gigantesque, à la reliure et à l'étui en soie noire, aux lettres dorées, imprimé sur du papier bleu Fabriano fait à la main, chaque illustration (le texte était accompagné par des peintures Tantriques) appliquée à la main, et chaque copie numérotée. Borges en demanda une description. Il écouta attentivement puis s'exclama: " Mais ça n'est pas un livre, c'est une boîte de chocolats !" et en fit cadeau au facteur fort embarrassé.
La générosité avec laquelle Borges associait de façon surprenante ouvrages et auteurs (Kim et le Don Segundo Sombra de Güiraldes, Aristote et Nicholas Blake) se propageait aux mots, aux objets et aux idées. Il se délectait d'associations étonnantes (il citait souvent la phrase de Shakespeare "un Turc malfaisant et enturbanné") ou de catalogues prodigieusement hétérodoxes comme celui qui énumère les conséquences de l'importation des esclaves noirs aux Amériques: "le blues de Handy, le succès à Paris du peintre uruguayen Dr. Pedro Figari, la belle prose torturée du tout autant uruguayen Vicente Rossi, la stature mythologique d'Abraham Lincoln, les cinq cent mille morts de la guerre civile américaine, les trois mille trois cent millions dépensés en pensions militaires, la statue du soldat noir imaginaire Falucho, l'inclusion du verbe lyncher dans la treizième édition du Dictionnaire de l'Académie Espagnole des Lettres, l'impétueux film Hallelujah, la vigoureuse charge à la bayonnette de Soler à la tête de son régiment noir à la bataille de Cerrito, le charme de Miss So-and-So, l'homme noir qui tua Martin Fierro, la déplorable rumba The Peanut-Vendor, le napoléonisme arrêté net et embastillé de Toussaint LOuverture, la croix et le serpent en Haïti, le sang des chèvres décapitées par la machette de papaloi, la habanera mère du tango, le candomblé." Son ami Xul Solar, le peintre Surréaliste, informé du goût de Jorge Luis Borges pour les associations étranges, le poussa à expérimenter avec lui de bizarres mélanges gastronomiques, tels que celui du chocolat et de la moutarde, afin de savoir si "la couardise et la coutume " devait empêcher la société de découvrir d'aussi nouvelles et intéressantes combinaisons. "Hélas", se rappelait Borges, "nous ne sommes jamais abouti à quelque chose d'aussi parfaitement réussi, par exemple, que le simple café au lait".
Les adversaires de Borges, dès 1926, l'accusaient de beaucoup de choses: de ne pas être Argentin ("être Argentin", avait dit Borges, "est un acte de foi"); de suggérer, comme Wilde, que l'art est sans utilité; de ne pas exiger de la littérature qu'elle ait une finalité morale; d'être trop amateur de métaphysique et de fantastique; de préférer une théorie intéressante à la réalité; d'adopter des idées philosophiques et religieuses pour leur seule valeur esthétique; de ne pas être engagé politiquement (malgré sa position inflexible contre le Péronisme et le Fascisme) ou de tolérer le mauvais camp (comme d'avoir serré les mains de Videla et de Pinochet, actes pour lesquels il devait s'excuser plus tard, en signant une pétition en faveur des desaparecidos). Il rejetait ces critiques comme des attaques contre ses opinions ("l'aspect le moins important d'un écrivain") et comme étant de nature à relever de la politique, "la plus misérable des activités humaines".
En septembre 1952, dans la 83e livraison des Temps Modernes, le critique français Etiemble publia un article sur Borges sous le titre "Un homme à tuer". Borges avait alors écrit quelques unes de ses oeuvres les plus importantes -- Ficciones, El Aleph, Inquisiciones et Otras Inquisiciones -- et, d'après Etiemble, ces livres ne laissaient à tous les autres écrivains que le choix entre deux solutions: soit de revoir totalement leur compréhension de l'acte littéraire, renonçant aux idées reçues sur l'histoire, les genres et la théorie critique rigoureusement enseignées depuis le dix-huitième siècle, soit de complètement abandonner la littérature. Après Borges (après des textes comme Pierre Ménard, auteur de Don Quichotte qui soutient qu'un livre change selon les attributions du lecteur, Un examen de l'oeuvre de Herbert Quain qui suggère qu'un seul livre pouvait comprendre tous les autres, La bibliothèque de Babel qui, dans sa réelle infinité, propose un catalogue complet de tout ouvrage concevable du passé, du présent ou de l'avenir), la littérature, telle qu'elle était connue jusqu'alors, était devenue impossible. Borges, plaide Etiemble, devait être éliminé si l'on voulait continuer à écrire.
La vie de Jorge Luis Borges était la littérature et l'oeuvre d'aucun écrivain, au cours du vociférant siècle dernier, n'a contribué autant que la sienne à changer notre relation à la littérature. Peut-être que d'autres écrivains ont été plus aventureux, plus perspicaces dans leurs périples à travers les détroits de nos géographies secrètes. Sans doute il y en eût qui décrivirent plus puissamment que Borges ne l'a fait nos misères sociales et nos tristes rituels, comme il y en eût qui s'aventurèrent sans doute avec plus de succès dans les régions amazoniennes de notre psyché profonde. Borges ne s'est essayé en rien, ou presque en rien, à tout cela. Plutôt, au cours d'une longue vie, il a dessiné des cartographies inédites pour mieux nous permettre de lire ces autres explorations -- plus particulièrement dans le domaine de son genre littéraire préféré, la littérature fantastique, laquelle au dire de ses livres englobait aussi bien la religion, la philosophie et les mathématiques. Il y a des écrivains qui essaient de faire rentrer le monde dans un livre. Il y en a d'autres, plus rares, pour qui le monde est un livre, un livre qu'ils essaient de lire pour eux-mêmes et pour les autres. Borges fut l'un de ces écrivains-là.
Il croyait au monde écrit, dans toute sa fragilité, et au travers de son exemple, il a su nous faire accéder, nous autres lecteurs, à cette bibliothèque infinie que d'autres appelleraient l'Univers. 


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MessagePosté le: Dim 20 Déc 2009, 07:28    Sujet du message: Jorge Luis Borgès Répondre en citant

il y a bien une quinzaine d'années un copain (comme j'étais jeune je dis copain) m'avait fait découvrir, j'avais lu "le livre de sable", mais je ne me souviens plus du tout(ben oui, j'suis vieux là nilda 12 )

demain il fera jour
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MessagePosté le: Lun 21 Déc 2009, 18:04    Sujet du message: Jorge Luis Borgès Répondre en citant



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MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:18    Sujet du message: Jorge Luis Borgès

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